Un nouveau projet d’arrêté va bientôt préciser ce que l’on entend par « réseau de chaleur ou de froid efficace ». Cette évolution concerne tout particulièrement les immeubles raccordés à ces réseaux, qu’il s’agisse de copropriétés, de logements collectifs ou de bâtiments tertiaires. L’objectif : améliorer la performance énergétique, augmenter la part d’énergies renouvelables et mieux encadrer les obligations en cas de réseaux jugés insuffisamment efficaces. Voici, sous forme de questions-réponses, ce que cela peut changer concrètement pour vous, propriétaires, copropriétaires, locataires ou futurs acquéreurs.
Un réseau de chaleur (pour le chauffage) ou de froid (pour la climatisation) est dit « efficace » s’il utilise une part importante d’énergie renouvelable ou de récupération (par exemple, géothermie, chaleur issue de l’incinération des déchets, etc.). Le nouveau projet d’arrêté vient préciser les critères et la méthode de calcul qui permettent de qualifier un réseau d’« efficace ». Cela permet de mieux encadrer les obligations de performance énergétique pour les bâtiments raccordés, et d’encourager l’utilisation d’énergies plus propres.
Ce changement concerne principalement les copropriétaires et locataires de logements ou de locaux raccordés à un réseau de chaleur ou de froid, ainsi que les futurs acquéreurs de biens dans des immeubles collectifs. Si votre immeuble est déjà branché à un tel réseau, ou si vous envisagez d’acheter dans un quartier où ces réseaux existent, vous êtes directement concerné par les futurs critères d’efficacité.
Selon le projet d’arrêté, l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions est fixée au 1er janvier 2026. Certaines règles, notamment celles qui concernent les plans d’amélioration pour les réseaux jugés non efficaces, s’appliqueraient dès le lendemain de la publication officielle de l’arrêté. Il est donc important de vérifier si votre réseau est concerné lors de la vente, de l’achat ou de la location d’un bien à partir de cette date.
Le projet d’arrêté prévoit que le calcul de la part d’énergie renouvelable et de récupération se fasse selon des modalités qui seront détaillées dans un guide officiel, publié sur le site du ministère chargé de l’Énergie. La période de référence pour évaluer ce taux sera également précisée. Si vous êtes raccordé à un réseau, votre syndic ou gestionnaire d’immeuble pourra vous informer sur l’efficacité du réseau, sur la base de ces critères.
Pour qu’une pompe à chaleur (PAC) soit prise en compte comme productrice d’énergie renouvelable dans le calcul de l’efficacité du réseau, elle devra atteindre un critère minimal : un facteur de performance saisonnier moyen estimé de 2,5. Cela signifie que seules les PAC réellement performantes permettront au réseau d’atteindre le statut d’efficace.
Si le réseau auquel votre immeuble est raccordé a une puissance supérieure à 5 MW (mégawatts) et n’atteint pas le seuil d’efficacité fixé par les nouveaux critères, un plan d’amélioration devra être élaboré. Le projet d’arrêté distingue différentes modalités d’approbation de ces plans selon la nature du réseau. Cela peut entraîner la mise en place de travaux ou d’améliorations à plus ou moins long terme, avec un impact possible sur les charges ou les décisions de copropriété.
À court terme, si votre réseau est déjà efficace, il n’y aura pas de changement majeur. Si des travaux sont nécessaires pour améliorer un réseau non efficace, cela pourrait avoir un impact sur les charges de copropriété, mais aussi valoriser à terme le bien grâce à une meilleure performance énergétique. Pour les locataires, une amélioration du réseau peut signifier un confort accru et potentiellement des factures d’énergie plus stables.
Si vous êtes copropriétaire ou locataire dans un immeuble raccordé à un réseau de chaleur ou de froid, il est conseillé de vous renseigner auprès du syndic ou du gestionnaire sur le niveau d’efficacité du réseau actuel. Avec l’entrée en vigueur des nouvelles règles au 1er janvier 2026, les copropriétés moins performantes devront envisager des améliorations. Cela va dans le sens d’un parc immobilier plus économe et plus respectueux de l’environnement, ce qui, à terme, peut être un atout pour votre logement ou votre investissement.